Résumé

Jules Gourdault Revue critique. — La Régence de M. Michelet

Le meilleur jugement n’y résiste pas et s’en trouve d’abord dérouté. Si vous êtes un homme d’imagination, facile à prendre et à entraîner par la sympathie, vous êtes séduit jusqu’à l’enthousiasme par ces volumes pleins de féerie et de vitalité ; le livre lu, vous ne vous appartenez plus à vous-même, vous êtes bel et bien la proie de M. Michelet. Si vous avez au contraire un tempérament calme, rassis et défiant, vous rejetez avec impatience ce livre qui, par surprise, vous échauffe la tête et le cœur, et qui met à si dure épreuve la placidité de votre nature.
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Jules Gourdault Revue critique. — La Régence de M. Michelet

L’histoire sous sa plume devient une sorte de philosophie générale, qui s’efforce de pénétrer la filiation mystérieuse des idées et des événemens. Plus d’un écrivain, dans l’antiquité et les temps modernes, a senti que l’imagination doit concourir avec la science à l’œuvre historique. Depuis la révolution surtout, la pensée humaine est devenue si curieuse et si pénétrante, elle démêle dans le tableau du passé tant d’élémens et de traits divers longtemps confondus, qu’elle a besoin pour les rendre d’une palette chargée de mille couleurs.
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Jules Gourdault Revue critique. — La Régence de M. Michelet

Par une puissance d’imagination singulière, M. Michelet renouvelle en lui-même le drame historique, vit de la vie de ses personnages, respire en quelque façon l’air même qu’ils ont respiré, se les assimile corps et âme, avec leurs passions, leurs souffrances et leurs sentimens. On le voit toujours atteint au vif par les événemens qu’il déroule ; son cœur déborde de haine, de pitié, de tendresse, et force sa plume à verser à flots sur le papier les paroles vibrantes, ou délicates, ou amères.
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