Édouard Langeron

Résumé

Édouard Langeron M. Guizot : portraits contemporains (1875)

Même dans les questions les plus ardues, telles que les plans de bataille ou les plans de finances, M. Thiers est limpide et clair comme une glace de Venise. On est étonné d'avoir si bien compris , tant la justesse du mot répond à la rectitude de la pensée.
Quelques-uns lui ont reproché son fatalisme historique , mais on n'a pas remarqué que le fatalisme en histoire n'est pas autre chose que l'enchaînement perpétuel et nécessaire des événements. C'est justement par là que M. Thiers se rapproche de M. Guizot, et mérite de lui être comparé.
Source : Gallica

Édouard Langeron M. Guizot : portraits contemporains (1875)

Pour se complaire au récit des faits certains, c'est-à-dire pour passer des vers à la prose, de la légende à la chronique, il faut qu'un choc violent ait brusquement réveillé les âmes. C'est de l'émotion des guerres médiques que naquit le premier historien grec, Hérodote ; c'est du tumulte des croisades que sortit le premier chroniqueur français, Villehardouin. Au lendemain de cette grande mêlée qu'on appelle la Révolution française, il devait nécessairement se produire une réaction dans la littérature.
Source : Gallica

Édouard Langeron M. Guizot : portraits contemporains (1875)

Si l'on voulait constater des différences, on dirait que M. Guizot écrit l'histoire en philosophe, et que M. Thiers la traite en homme d'affaires. M. Guizot a plus d'élévation dans la pensée, M. Thiers plus de pénétration dans l'esprit. L'un est remarquable par l'étendue de là généralisation, l'autre par l'abondance et la variété des détails. L'historien de la Révolution d'Angleterre expose les idées pour en déduire les faits ; l'historien de la Révolution française raconte les faits pour en découvrir les lois.
Source : Gallica

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