Résumé

Émile Montégut La Poésie des Montagnes à propos du nouveau livre de Jules Michelet

La masse froide et sans repos des glaciers se meut en avant jour par jour ; mais c’est moi qui lui ordonne d’avancer ou d’arrêter sa marche. » Nous parlions tout à l’heure des terreurs de la montagne, que pense M. Michelet de cette tombée de la nuit au sommet des Alpes ? « Les brouillards montent en bouillonnant autour des glaciers, les nuages s’élèvent rapidement au-dessous de moi, par masses onduleuses, blancs et sulfureux comme l’écume de l’océan soulevé du profond enfer, dont chaque vague se brise sur un rivage vivant où sont entassés les damnés en guise de cailloux. »
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Émile Montégut La Poésie des Montagnes à propos du nouveau livre de Jules Michelet

Il serait difficile de dire qui, de Rousseau ou de la montagne, doit le plus à l’autre. Les montagnes ont été le théâtre des plus heureuses années de sa vie, et il les a associées à ses plus doux souvenirs ; il leur doit ce qu’il eut de vertu, sa réelle candeur, qui combattit toujours en lui la corruption, son sentiment du prix de l’innocence et de la vie simple, qui le rendit toujours mécontent de lui-même et le protégea contre la fascination de la vie artificielle du monde, la conservation de sa piété native, combattue de tous côtés par les influences de son temps.
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Émile Montégut La Poésie des Montagnes à propos du nouveau livre de Jules Michelet

« J’ai voulu à Meyringen, nous dit M. Michelet, lire, revoir son Manfred. Cela ne se pouvait pas. Cette exaltation désolante, ce faux tragique qui n’est d’aucun temps, d’aucun lieu, détonnent en de pareils lieux. Déplorable conception d’avoir assis Némésis, la vengeance, et le dieu du mal, sur ces bienfaisans glaciers qui nous donnent, avec les grands fleuves, la vie, la salubrité, la fécondité de l’Europe ! »
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