Résumé

Charles Martins Recherches récentes sur les glaciers actuels et la période glaciaire

Quiconque a remonté l’un des grands glaciers de la Suisse a reconnu qu’il marchait d’abord sur de la glace ; mais à une certaine hauteur, variable pour chacun d’eux et pour chaque année, on arrive au névé ; le pied enfonce dans une neige grenue qui recouvre le glacier comme un linceul et masque souvent les crevasses dont il est sillonné. Le névé forme ces ponts perfides qui s’écroulent sous les pieds du voyageur et le précipitent dans l’abîme.
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La neige fond plus vite sur un terrain noir que sur un terrain de couleur claire ; or comment faire entrer l’influence de la couleur dans un calcul mathématique ? Il n’y a donc pas de ligne des neiges éternelles, il n’y a qu’une hauteur variable à laquelle le névé persiste toute l’année comme celui qui constitue les avalanches tombées au printemps dans les basses vallées des Alpes et des Pyrénées, où elles forment sur les torrens des ponts solides que l’on traverse pendant tout l’été.
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Dans ces parages, la neige fond au bord de la mer pendant l’été et ne persiste à l’état de névé que dans des fentes ou des cavités. Souvent elle disparaît sur les pentes découvertes ou tournées vers le midi jusqu’à 100 mètres au-dessus de la mer, et au Spitzberg quelquefois jusqu’à 300 mètres. La limite des neiges éternelles est donc une conception de l’esprit engendrée par une trompeuse apparence et qui ne correspond pas à la réalité. Tous les calculs mathématiques auxquels elle a donné lieu sont de pure fantaisie.
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