Résumé

E. Rambert Le Voyage du Glacier

Le ruisseau du glacier est une apparition plus éphémère ; il ne dure qu’un été, il n’a pas le temps d’approfondir son lit, il rencontre en chemin peu d’obstacles, il n’a pas de rochers à contourner, pas de plantes à arroser : c’est une création beaucoup plus simple, un filet d’eau dans un sillon de glace, rien de plus ; mais cette eau est la plus limpide qu’il y ait au monde, et ce sillon est un lit d’azur. Les parois en sont si parfaitement polies que le ruisseau y glisse sans frottement, et passe sans qu’on l’entende.
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E. Rambert Le Voyage du Glacier

Ce sont les mêmes tourbillons, avec des jets en hauteur sans doute plus hardis, parce que la neige est plus légère ; mais, tandis que les violences du simoun recommencent éternellement une œuvre stérile, le vent accomplit sur les Alpes un travail qui n’est point en pure perte. Le sable est toujours le sable, il ne peut ni changer de forme ni se fixer, et l’ouragan le promène au hasard sur la surface du désert ; la neige peut se fixer, devenir de la glace, se transformer en eau fertilisante, et il n’est point indifférent qu’elle s’amasse en tel lieu plutôt qu’en tel autre.
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E. Rambert Le Voyage du Glacier

On en voit qui reposent sur les deux bords d’une crevasse comme un pont naturel ; mais, pour peu qu’elle s’élargisse, ils y tombent, et restent pris entre les parois, sauf à s’enfoncer par petites chutes à mesure que fond la glace contre laquelle ils s’appuient. D’autres, réussissent à se maintenir tant bien que mal, perchés sur quelque glaçon qu’ils écrasent enfin de leur poids, et toute la moraine s’englouti dans les flots de la cataracte, dont les abîmes chatoient au soleil, aussi purs et aussi brillans que si rien ne s’était passé.
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