Albert de Franqueville,
Voyage à la Maladetta
“ L’Essera lui-même n’est autre chose qu’un torrent fougueux. Faible et humble ruisseau à sa naissance, il coule d’abord sur un sol tourbeux et couvert de pâturages. Bientôt, grossi par le tribut des eaux de toutes les montagnes voisines, il quitte cette allure paisible pour en prendre une plus en harmonie avec les lieux qu’il parcourt, son lit se resserre entre deux parois de roches verticales, qui souvent même se recourbent en voûte au-dessus de lui. Il tourbillonne, il gronde, il se tord sur lui-même, au fond de la prison qu’il s’est creusée et qu’il voudrait en vain franchir. ”
