Résumé

Henri Blerzy Études sur les Travaux publics…

Dans les Alpes, l’œuvre de la régénération n’a fait que commencer avec le reboisement des montagnes ; il y faudrait bien d’autres travaux. Ces régions sévères où l’homme vit près des limites de la terre habitable et lutte contre tous les fléaux, gelée, sécheresse, pluie ou torrent, sont comme un édifice délabré qu’il faut reprendre en sous-œuvre, si l’on ne veut qu’il périsse en entier. La population l’abandonne, la richesse publique s’y amoindrit chaque année. Routes et chemins de fer, institutions de crédits et établissemens publics, tout y est à faire comme dans un pays neuf.
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Henri Blerzy Études sur les Travaux publics…

Le bassin de réception, recouvert d’une épaisse forêt ne donne plus naissance qu’à un ruisseau limpide ; le cône de déjection, que la montagne a cessé d’exhausser à ses dépens, s’est garni de plantations vigoureuses qui en dissimulent le modelé primitif. C’est, pour employer l’expression usitée, un torrent éteint ; la végétation l’a désarmé. Que si par malheur il prend fantaisie aux habitans du voisinage d’exploiter cette forêt qui les protège, aussitôt les eaux reprennent leur vertu destructive
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Henri Blerzy Études sur les Travaux publics…

Pendant l’hiver, lorsque la neige revêt les montagnes et les vallées d’un manteau uniforme, l’œil ne reconnaît plus aucun vestige du chemin sur le cône, où il n’y a ni arbres ni maisons ; les voituriers s’égarent et tombent dans les trous. Sur la montagne, les chemins vicinaux sont établis quelquefois dans le lit même du torrent, que des berges vives surplombent à pic de droite et de gauche. Que deviendrait le voyageur surpris par un orage au milieu de ces défilés ? S’il reste au fond du lit, les eaux vont l’engloutir ; s’il essaie de gravir les pentes, le sol s’écroule sous ses pieds.
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