Résumé

Portrait de Jules Verne Jules Verne Dix heures en chasse

Brétignot, Matifat, Pontcloué, Duvauchelle et leurs compagnons ronflaient encore. J’avais hâte d’être en plaine, comme ces chasseurs inexpérimentés, qui veulent partir dès l’aube, même avant d’avoir mangé. Mais les maîtres de l’art, — que je réveillai respectueusement l’un après l’autre, — calmèrent en bougonnant mes impatiences de néophyte. Ils savaient, les malins, qu’au jour naissant le perdreau, dont les ailes sont encore humides de rosée, est très difficile à approcher, et que, s’il s’envole, il ne se décide pas volontiers à se remettre dans les couverts.
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Eh bien, ce brave homme, qu’a-t-il donc ? demanda Maximon d’un ton protecteur.
— Parbleu ! Il a un grain de plomb dans la joue ! répondis-je.
— Bah ! ce n’est rien ! repartit Duvauchelle, ce n’est rien !
— Si !... si !... fit le paysan, qui crut devoir souligner l’importance de sa blessure par une grimace horrible.
— Mais qui donc a été assez maladroit pour endommager ce pauvre diable ? demanda Brétignot, dont le regard interrogateur finit par s’arrêter sur moi.
— Est-ce que vous n’avez pas tiré ? me dit Maximon.
— Oui ! j’ai tiré... comme tout le monde !
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« Et où est-il, ce perdreau ? demanda Maximon, en touchant mon carnier vide du bout de son fusil.
— Perdu ! répondis-je effrontément. Que voulez-vous ? Je n’avais pas de chien ! Ah ! si j’avais eu un chien ! »
Allons, allons ! avec un tel aplomb, on ne peut manquer de devenir un vrai chasseur !
Soudain, l’interrogatoire que je subissais fut brusquement interrompu. Le chien de Pontcloué venait de faire partir une caille, à moins de dix pas. Involontairement, par instinct, si l’on veut, je mis en joue... et pan ! comme disait Matifat.
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