Résumé

L. Vitet,  Lettre sur la situation

“ Où en serions-nous, mon cher monsieur, si la Prusse, après ses succès, ses étourdissantes victoires, restée sobre et modeste, éclairée sur ses vrais intérêts, fidèle à sa parole, n’oubliant pas qu’un mois auparavant elle avait déclaré à la face du monde qu’elle faisait la guerre à un homme et non pas à un peuple, nous eût proposé la paix, une paix acceptable, onéreuse seulement à nos bourses ; si ces vainqueurs eussent fait preuve, preuve effrayante, à mon avis, de force irrésistible et de modération, où en serions-nous, je vous le demande ? ”
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L. Vitet,  Lettre sur la situation

“ La muraille est encore bien épaisse entre la France et nous, mais il s’y fait comme d’heureuses fissures où nos yeux commencent à pénétrer. Nous discernons les positions, le nombre, la marche de nos armées, l’ardeur de nos populations, les faux calculs, les mécomptes de l’ennemi. Il n’est qu’un point où pour moi l’obscurité redouble, c’est quand je veux trouver une cause à ce fait qui depuis vingt jours nous révolte et nous assourdit, ce fait aussi sauvage qu’inutile, le bombardement de Paris. ”
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L. Vitet,  Lettre sur la situation

“ Ce qui leur semble contre nature, ce n’est pas de trahir sa patrie, de l’abandonner sans défense aux outrages de l’étranger, c’est de se battre pour elle sans mesure et sans discrétion. Le vrai devoir de tout peuple envahi, et surtout envahi par la Prusse, est de ne pousser la résistance que tout juste assez loin pour que le vainqueur ait droit de se proclamer tel, de choisir son moment pour quitter la partie, et de faire Charlemagne en se coiffant de lauriers. ”
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