Résumé

Louis Vitet Les Marbres d’Éleusis

Ce bel adolescent, ce Triptolême aux formes vigoureuses, à la mâle beauté, regardez bien, ce n’est pas un futur athlète, ce n’est pas un futur guerrier ; il n’a ni ardeur ni jactance. Ce n’est pas Achille à quinze ans ; en lui, rien du héros : il est de sang royal, mais simple et endurci, ferme et d’esprit docile ; c’est la franchise du campagnard, c’est l’idéal du laboureur. Et comme on s’intéresse à lui ! L’écueil de la sculpture, surtout du bas-relief, c’est la froideur.
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Louis Vitet Les Marbres d’Éleusis

On peut donc hasarder la même conjecture pour notre marbre d’Eleusis, et là du moins la concession, si elle existe, n’a pas de si graves conséquences. Autre chose est un pied quelque peu défectueux, autre chose une tête hideuse. Le pied s’oublie bien vite et se pardonne volontiers ; ce n’est pas là qu’est l’âme, la pensée, l’homme même : il est dans le visage. C’est au visage que, malgré soi, on regarde avant tout.
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Louis Vitet Les Marbres d’Éleusis

Comme façon et comme travail, c’est la contre-partie, l’antipode du bas-relief. La fougue, l’abondance, l’élévation du modelé, ne peuvent être poussées plus loin. Ou dirait que la main d’un autre Michel-Ange a creusé sur ce front cette ride profonde et fait jaillir ces masses de cheveux. C’est l’ardeur et la verve presque démesurée du Phidias florentin. Rien de trop cependant, quand on mesure la hauteur où ce marbre devait être placé.
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