Résumé

Ludovic Carrau La Folie au point de vue psychologique

Ni la perception, ni le jugement, ni le raisonnement, ni la mémoire, ne peuvent plus fonctionner normalement. Supposons en effet, comme le veut M. Despine, que l’exaltation subite d’une passion que rien ne combat plus dans l’esprit, constitue seule la folie; encore faut-il que cette passion ait un objet; je ne puis avoir peur, par exemple, si je n’ai peur de quelque chose. Or dans la folie l’objet n’est pas réel, il n’est qu’imaginaire : c’est une idée, et c’est l’obsession de cette idée qui donne naissance au délire
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Ludovic Carrau La Folie au point de vue psychologique

Si je ne fais le bien que parce que c’est un plaisir pour moi de le faire et une peine de ne le faire pas, je cède à un désir plus fort que les désirs antagonistes; je ne cherche en définitive qu’une satisfaction égoïste : c’est toujours le motif de l’intérêt. Il en est tout autrement quand le sens moral revêt cette forme supérieure que M. Despine appelle le sentiment du devoir. Je conçois alors, sous l’influence de ce sentiment, l’obligation absolue d’agir d’une certaine manière, de m’abstenir de certains actes.
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Ludovic Carrau La Folie au point de vue psychologique

Il ne se reconnaît plus dans le passé, non que la mémoire ait été atteinte, mais parce que l’état moral qu’elle lui rappelle diffère tellement de celui qui est actuellement le sien, qu’il ne peut établir aucune liaison entre ces deux phases de son existence : il déclare étrangère à elle-même celle qui a précédé la folie. En réalité, le sentiment de l’identité personnelle n’est qu’affaibli, il n’a pas disparu. Parfois il arrive que le fou parle de soi comme d’une autre personne non-seulement dans le passé, mais encore dans le présent.
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