N. Devilleneuve

Résumé

N. Devilleneuve Revue des Deux Mondes

Ce n’est point la beauté de telle montagne qui vous place sous un charme si puissant, c’est la réunion ou plutôt l’amoncellement de la multitude ; c’est encore l’enchaînement qui les lie, et entraîne vos regards de l’une à l’autre par une force irrésistible, les plonge dans une vallée obscure, les relève jusque dans la nue sur des cimes sourcilleuses, les précipite dans un gouffre ou les lance sur des plaines de neiges et de glaçons scintillans.
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N. Devilleneuve Revue des Deux Mondes

De tous les aspects, Monsieur, que nous offre la nature terrestre, il n’en est point, à mon avis, qui donne une aussi haute idée de sa puissance et de sa force que les grandes chaînes de montagnes qui sillonnent la surface du globe. La mer est empreinte d’un caractère de grandeur qui élève l’âme, et nous frappe d’étonnement ; mais ôtez les rivages qui en font toute la variété, et le spectacle se réduit à la seule pensée de l’immensité.
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N. Devilleneuve Revue des Deux Mondes

Placez-vous seulement sur le pic du Midi de Bigorre dans les Pyrénées, contemplez le large horizon des crêtes altières qui se dressent fièrement devant vous sous les rayons d’un soleil brillant, inspirez-vous du sentiment que vous fera naître cette grande scène, appesantissez-y profondément votre pensée, et vous verrez, à travers cette extase rêveuse, que ces grands corps à figures si nouvelles, si insolites, sembleront s’animer d’une expression vivante.
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