Résumé

Portrait de René Doumic René Doumic Revue dramatique. — La Nouvelle idole …

C’est ici cette scène de l’auscultation, une des plus brèves, une des plus angoissantes, qu’il y ait au théâtre. Pendant qu’il écoute, et qu’il questionne, la voix du médecin s’altère, s’irrite. « Alors, dit la malade, je suis perdue. — Alors, réplique le médecin, vous êtes sauvée ! » C’est dans ce mot que réside tout le drame. C’est le brusque coup de théâtre. Le mal mortel, Donnat l’a inoculé non pas à une moribonde, mais à une vivante. Il est un assassin, parfaitement, et d’une espèce particulièrement haïssable : l’assassin scientifique.
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Les esprits étaient sous l’impression des magnifiques découvertes de Pasteur, qui n’avaient pas seulement abouti à la guérison d’un mal réputé jusque-là incurable, mais qui, par l’avènement des infiniment petits, avaient révolutionné notre conception de l’Univers. Une grande espérance traversait le monde. L’humanité, toujours chimérique, entrevoyait d’immenses perspectives. Enchantée de la nouvelle révélation, elle en oubliait l’ancienne. Elle bannissait, au nom de la science, tout ce qui ne présentait pas le caractère scientifique.
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C’est pour lui que la science est une idole : sa psychologie est celle du croyant. On le traite d’orgueilleux ; mais ce n’est pas de lui-même qu’il est infatué ; ce n’est pas de sa propre supériorité qu’il est convaincu ; ce n’est pas à son infaillibilité personnelle qu’il a foi : ce qui lui inspire une confiance inébranlable, ce sont les méthodes de la science, ce sont les conclusions d’une expérience bien faite. Comme ils l’accusent d’orgueil, les profanes, c’est-à-dire à peu près tout le monde, traitent Donnat d’ambitieux.
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