Résumé

Résolutions nouvelles au souvenir de l'invasion (1878)

La grande capitale est immonde, or et boue ? Ah ! que cela est vrai encore ! Eh ! bien oui, mais sur la boue et l'or monte et plane le souvenir de l'invasion, couvrant tout de son aile immense. Devant lui tout se tait, s'efface. Il est la mesure et le juge. Or, voyez : entre ces forts distants aujourd'hui de vingt kilomètres de l'enceinte, gît maintenant le camp retranché de l'honneur national, le coeur désormais inaccessible de la France. Or, ici, entre ces murs, voici la population qui de toute l'Europe connaît le mieux le mépris de la mort.
Source : Gallica

Résolutions nouvelles au souvenir de l'invasion (1878)

Malheur, dit-on souvent, malheur à l'homme qui n'espère plus ! Malheur, faut-il dire aussi, au peuple qui n'espère pas à un moment donné de son histoire! Au comble de la fortune, cesse-t-il un instant d'aspirer à une plus haute fortune? Qu'il jette les yeux devant lui : à vingt pas dans le vide, il pourra voir grandir l'ombre approchante de son déclin. Toute puissance qui ne rêve pas de puissance est perdue, et la génération qui ne sent pas se mouvoir dans son sein un avenir de justice, de prospérité, d'honneur, peut compter qu'elle va tomber en pourriture.
Source : Gallica

Résolutions nouvelles au souvenir de l'invasion (1878)

Eh! quoi! c'est la loi de la vie. Impossible que l'esprit cesse de penser, le coeur de s'éprendre. Non ! jusqu'au bout il faut souffrir, s'inquiéter, espérer, chérir, lutter, tant, oui tant que dure la vie.
A défaut du ressort même des forces humaines, à défaut de l'entraînement invincible du penchant intérieur, partout, toujours, une autre force qui ne défaille ni n'oublie vient du dehors imposer le réveil. Cette force, ce sont les contrecoups des événements marchant et frappant à travers le monde sous la puissante et mystérieuse main qui les mène.
Source : Gallica

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