Voltaire,
Romans et Contes de Voltaire. Tome 3
“ C’est mon cher frère, disait Aldée. — C’est mon amant ! s’écriait Formosante ; vous l’avez vu sans doute, il est peut-être encore ici ; car, ma cousine, il sait qu’il est votre frère ; il ne vous aura pas quittée brusquement comme il a quitté le roi de la Chine. — Si je l’ai vu, grands dieux ! reprit Aldée ; il a passé quatre jours entiers avec moi. Ah ! ma cousine, que mon frère est à plaindre ! Un faux rapport l’a rendu absolument fou ; il court le monde sans savoir où il va. Figurez-vous qu’il a poussé la démence jusqu’à refuser les faveurs de la plus belle Scythe de toute la Scythie. ”
