Édouard Disaut

Résumé

Édouard Disaut Revue des Deux Mondes

La gloire, c’est au seraï qu’on la trouve, belle, attrayante, voluptueuse, parée. Ici on ne la voit que sale, échevelée, couverte de poussière et de sang, cachant derrière elle l’envoyé de la Porte, qui punit les revers et se venge des triomphes. — Puis, quittant aussitôt la pente qui l’entraînait à d’aussi tristes pensées. — Par Dieu, mon fils, si tu es venu vers moi à l’ombre du nom de ton père, tu ne peux manquer d’être le bien-venu. Je ne te céderais pas à notre glorieux sultan, m’envoyât-il, pour te redemander, son grand-visir lui-même à la tête de vingt hortas de janissaires.
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Une émotion profonde fut la seule réponse d’Ahmed.
— Oh ! oui, enfant, tu as une âme noble, reprit le pacha, comme pour chercher des idées qui souriaient également à l’imagination du vieillard et aux illusions du jeune aventurier, l’air du seraï, cette atmosphère d’eunuques, n’a pas flétri ton cœur. Le nom du vieux janissaire a retenti à tes oreilles. La gloire n’est donc pas une chimère, puisqu’elle fait entendre aussi sa voix dans l’enceinte redoutée, au-delà de la Porte impériale ; car c’est là qu’a germé dans ton cœur le désir d’apprendre le glorieux métier sous le vieux Hussein.
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Une foule de kawas et d’officiers l’entouraient à distance, debout et dans une attitude respectueuse. Ahmed s’avança vers le divan, au côté opposé au pacha, porta la frange à sa bouche et à son front, n’osant pas encore baiser la robe du maître, et revint silencieusement se remettre à l’extrémité, vers la porte ; alors Hussein leva les yeux vers lui. C’était une noble figure de vieillard. Il y avait dans ses regards, qui révélaient encore des illusions de gloire, malgré sa barbe blanche, une expression inépuisable de bonté, qui, réunie au génie, fait l’homme semblable à la Divinité.
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