Nadège

Définition et enjeux

Portrait de Leopold von Sacher-Masoch Leopold von Sacher-Masoch L’Ennemi des femmes

Nadège lui tendit les deux mains par un geste simple et cordial.
— Tu acceptes ?
— Pas encore. Je te remercie déjà.
— Que te faut-il pour que nous reprenions la vie commune, pour que je redevienne, ou que je devienne ton mari ?
— Pour moi, il ne faut plus rien ; mais pour tout le monde !
— Tu te préoccupes du monde, Nadège ?
— Oh ! je sais le braver, quand il ne s’agit que de moi ; mais tu lui as fait tant de sacrifices mauvais, que tu lui en dois un qui rachète les autres.
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Portrait de Leopold von Sacher-Masoch Leopold von Sacher-Masoch L’Ennemi des femmes (1879)

Lorsque Nadège, enveloppée de la tête aux pieds d'une pelisse de velours noir doublée de fourrure et appuyée au bras de madame Pirowska, se montra sous le porche suivie de Petrowna, de Léopoldine, on s'écarta pour lui laisser le passage libre et Diogène se trouva ainsi dans un espace vide, debout, devant sa femme.
Nadège pâlit à son tour; mais aussitôt un doux sourire ralluma les couleurs éteintes.
Source : Gallica

Portrait de Leopold von Sacher-Masoch Leopold von Sacher-Masoch L’Ennemi des femmes

Prends pitié, Nadège. Je deviens fou de repentir et d’amour. Va, j’ai bien expié mes sottises. Il n’est pas une fibre en moi qui ne soit à toi, qui ne vibre du désir de ta possession complète. Eh bien, si tu le veux, oublions que nous sommes époux ; laissons dans les rêves ce mariage que je n’ai pas su respecter, et qui est pour toi le souvenir d’un joug odieux. Laisse-moi aspirer au joug que tu voudras. Ton amant... est-ce trop ? ton ami, n’est-ce pas trop peu ?
Diogène avait repris sa jeunesse, avec l’enthousiasme d’un amour repentant. Nadège baissa les yeux et rougit.
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