Leopold von Sacher-Masoch

Leopold von Sacher-Masoch

Résumé

Portrait de Leopold von Sacher-Masoch Leopold von Sacher-Masoch L’Ennemi des femmes

Nadège le regarda pendant une seconde et abaissant son visage au devant de celui de son mari :
— Écoute-moi et comprends-moi ! — lui dit-elle d’une voix profonde qui pénétrait dans le cœur. — Je t’aime, je n’ai jamais cessé de t’aimer ; je crois que, depuis ton repentir, je t’aime davantage encore ; mais...
— Quel obstacle étrange peut se dresser entre nous ?
— Mais, je n’ai pas le courage, je l’avoue, de vivre avec toi !
— Comment ? — s’écria Diogène, — tu doutes de moi ?
— Je doute de nous. La liberté que nous avons prise l’un et l’autre nous a donné des défauts que nous n’avions pas.
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Portrait de Leopold von Sacher-Masoch Leopold von Sacher-Masoch L’Ennemi des femmes

Madame Pirowska se leva majestueusement :
— Je ne prétends ni discuter, ni nier tout ce qu’on dit dans ces lettres ; mais si vous me faites l’injure d’en croire un mot, de les garder, je partirai demain, au point du jour. J’irai à Slobudka. Ce domaine que je vous ai apporté en dot m’appartient personnellement assez, pour que j’aie le droit de m’y renfermer. J’attendrai là que la raison vous soit revenue, ou si elle ne doit pas revenir, j’y vivrai débarrassée de vos injurieux soupçons.
M. Pirowski n’avait pas été, dans sa colère, jusqu’à prévoir ce dénouement brutal, une séparation.
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Portrait de Leopold von Sacher-Masoch Leopold von Sacher-Masoch L’Ennemi des femmes

Melbachowski est un esprit gâté qui te trouve jolie, et même belle, qui te sait riche, qui t’épouserait à la rigueur, un jour qu’il n’aurait pas trop peur de Diogène ; qui serait fier de toi pendant un an, mais embarrassé de son ménage pendant toute sa vie. Ne l’épouse pas ; ne l’aime pas. Il n’avait aucune raison de te faire de la peine, et quand je lui ai demandé une place dans son traîneau, il a paru charmé de te taquiner. S’est-il excusé ? Non ; c’est un être sans cœur ; tu peux le haïr ; mais contente-toi de le mépriser.
— Merci, Petrowna, dit mélancoliquement Léopoldine.
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