Denis Dereime

Élements biographiques

Denis Dereime Le petit-neveu de Rameau (1875)

Rien ici-bas n'a séduit exclusivement et sans retour sa raison ou son coeur; il ne croit qu'en luimême, il n'est persuadé que de son tout-puissant génie et du culte que lui doit la foule; il est arrivé que la foule a manqué à ses devoirs : le poète en est mort. Donc, cette créature exceptionnelle n'a pas d'idées, pas d'opinions, ni en politique ni en morale ; elle n'en a pas, car elle les a toutes, elle les adopte toutes. Le poète est l'enfant gâté des idées. Malheur à qui, lisant ces admirables vers, sera saisi et convaincu, parce qu'en tournant la page, il rencontrera la conviction opposée.
Source : Gallica

Denis Dereime Le petit-neveu de Rameau (1875)

Tu n'as jamais songé que le jour où chacun sera libre d'imprimer comme de parler, — et ce jourlà viendra, — ton journal ne sera plus qu'une feuille de cancans et de sornettes dans les mains de quelques oisifs. Les cancans et les sornettes sont ta partie, tu y brilles, on te l'abandonnera. Mais ni toi, ni tes patrons, vous ne sauverez plus la société! Farceurs vous êtes, farceurs vous demeurerez, mais farceurs inoffensifs, et vos lazzis n'auront plus aucune portée ni politique, ni sociale, ni morale, ni immorale, ni de sens commun.
Source : Gallica

Denis Dereime Le petit-neveu de Rameau (1875)

Pourquoi ne pouvons-nous accepter cette vérité multiple dont nos soixante années ont fait l'expérience :
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la fragilité de l'amour ;
la fragilité de tout sentiment ;
la fragilité de toute conception, eu un seul mot, la fatalité de la fin de tout rêve, de toute jouissance, de toute beauté, et môme, ô horreur! de tout désir?
La vérité, c'est la défection universelle; c'est le néant de tout ce que nous aimons, de tout ce que nous sommes; la vérité, c'est la fatalité antique pour laquelle, comme pour le Dieu de Spinosa, ce qui est est ce qui est ; — ni le bien, ni le mal.
Source : Gallica

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