Henri-Désiré Lefort

Henri-Désiré Lefort La défaite des sept péchés capitaux… (1879)

Le fin demi-jour Du tendre boudoir, Le frisson d'amour D'un cœur plein d'espoir.
Pour vous, le désert Et tout son ennui, L'aquilon, l'éclair, La brumeuse nuit, Le fer du faucheur, Lors de la moisson ; Enfin, le malheur Pour seul horizon.
Prenez Amélie, De ces fleurs agrestes A l'instant cueillies, Les touffes modestes; Je sais il est vrai Leur simplicité, Mais elle est l'attrait De la vraie beauté.
Du soleil fuyons L'ardente chaleur, Au bois, demandons Un peu de fraîcheur,
Mesdames, ouvrez Votre blanc mouchoir, Ce roc sous vos pieds Invite à s'asseoir.
Source : Gallica

Henri-Désiré Lefort Sel, sucre & vinaigre : simple aperçu sur nos pets… (1879)

Au bruit que fit l'un de ces pets, Un sourd, prêtant l'oreille exprès, Cria de sa voix la plus forte : Entrez, la clef est sur la porte; Mais comme enfin l'on n'entrait pas, Ce sourd fut tiré d'embarras Par son nez saisissant le vrai Dans le parfum qu'il reniflait : Ainsi n'est pas le pet mignon Tel que l'amour, il est fripon, Et parmi nous glisse en sourdine, Au sortir de sa mère échine.
On a bien vent de quelque chose, Mais pas assez que je suppose,
Pour nommer plutôt tel derrière, Qu'un autre d'innocence entière.
Source : Gallica

Henri-Désiré Lefort La défaite des sept péchés capitaux… (1879)

A ta solitaire chambrette, Au miroir qui fut l'interprète D'attraits discrètement voilés.
De ces gracieuses chimères, Que parfois tes pensées légères Offraient à ton âme attentive.
Aujourd'hui, le vague modèle, Sous les traits d'un époux fidèle Prend une forme décisive.
Avec soin une main habile, Des riches produits de la ville Sait parer tes contours flatteurs.
L'art se joignant à la nature Va ceindre ta taille si pure De l'emblème de ses candeurs.
Ainsi qu'à la fleur printanière, Un duvet de mousse légère
Prête son velours verdoyant
Source : Gallica

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