Léon Gauthier

Élements biographiques

Léon Gauthier Ibn Rochd : Averroès (1948)

Dieu, comme le voulait Aristote, ne connaît que lui-même, mais Ibn Rochd croit rester fidèle à la pensée d'Aristote en ajoutant, d'accord avec tous les falâcifa, que Dieu, par cela même qu'il se connaît, connaît toutes choses, car tout ce qui existe il le possède éminemment en lui. Sa science créatrice, dans laquelle fini et infini se confondent, n'est ni générale ni individuelle, et l'intellect humain ne pourrait saisir le comment de son action que s'il était identique à l'Intellect divin, c'est-à-dire si l'homme était Dieu lui-même.
Source : Gallica

Léon Gauthier Ibn Rochd : Averroès (1948)

Or, ce n'est pas l'inférieur qui donne son nom à l'essence d'une chose ; l'âme intellectuelle de l'homme doit donc être considérée essentiellement comme intellect séparé, et la science qui a qualité pour traiter de sa quiddité, ce n'est pas la physique, c'est la métaphysique. La question de l'intellect humain et de l'action qu'il reçoit de l'Intellect actif est donc bien ici à sa place. Le cas est le même pour l'Intellect que pour le premier moteur : la physique ne doit en parler que pour en établir l'existence, non pour en déterminer la quiddité.
Source : Gallica

Léon Gauthier Ibn Rochd : Averroès (1948)

Or, on ne peut concevoir dans le Premier causé une multiplicité que d'une manière : c'est qu'il pense son Principe et qu'il se pense lui-même ; et par rapport à lui-même il est contingent, parce que la nécessité de son existence est en autrui, non en lui-même. Ce sont là trois notions différentes. Le plus noble des effets doit être attribué à la plus noble des notions : ce qui provient de lui en tant qu'il pense son Principe, c'est donc l'Intellect ; l'Ame de la sphère provient de ce qu'il se pense lui-même ; le corps de la sphère provient de ce qu'il est contingent par lui-même3.
Source : Gallica

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