Paul-Napoléon Roinard,
Nos plaies : vers
(1886)
“ Où donc avais-tu pris ces grands baisers de flamme, Ces spasmes délirants, ces frissons convulsés? Et quel souffle d'enfer faisait passer ton âme Dans l'étreinte où l'amour nous tenait'enlacés? Ah ! que tes bras tordus, ma superbe, ma belle, Que ton corps étiré, détendu, bondissant, Que tes seins révoltés, que ta gorge rebelle, Avaient de frénésie et ton souffle de sang ! Ce long baiser passa comme en un ciel d'orage S'évanouit l'éclair en vertige de feu, Instant d'effrènement d'une idéale rage Et bestiale et céleste où l'homme se croit dieu 1 ”

