“ Ils ont dû se faire bien des visites à Beauport et à Kermartin ! C’est cet Abbé qui l’assista à ses derniers moments. Il mourut lui-même un an après, à un âge très avancé. Rien ne frappe plus vivement l’âme de l’enfant que les premières impressions de sa vie. Les chants de l’Eglise, ses augustes cérémonies, les riches décorations de l’autel, l’harmonie de l’orgue, le son des cloches, tout cela se grave profondément et ne s’oublie jamais. Yves aimait à assister aux belles fêtes de Tréguier, comme aux simples messes qui se disaient à Notre-Dame de Coatcolvézou. ”
Pierre France
Élements biographiques
Pierre France (1831-1895), prêtre, historien et préhistorien français, se distingue par une œuvre marquée par l’approfondissement des racines religieuses et culturelles de la Bretagne. Spécialiste des traditions locales, il explore dans Saint Yves les dimensions spirituelles et sociales de la vie bretonne, mettant en lumière le rôle des institutions religieuses, la dévotion maternelle et les miracles associés au saint patron des Bretons.
Son écriture, à la fois historique et hagiographique, révèle une vision du sacré comme force de cohésion et d’émancipation, illustrée par des récits où la foi et la terre s’entretiennent mutuellement.
Citations de Pierre France
“ Sa mère ayant révélé à Jean de Kergoz un songe qu’elle avait eu, où Dieu lui annonçait que l’enfant qu’elle portait dans son sein, serait un jour un grand saint dans l’Église, elle dut l’élever dans la plus grande piété et ne négligea rien pour lui en inspirer de bonne heure le goût et les sentiments. Douce influence de la mère chrétienne ! Qui de nous n’a pas plus d’une fois versé des larmes attendries sur ces souvenirs peut-être lointains ! On ne comprendra jamais tout ce qu’il y a de mystérieux dans cette vie intime que la mère communique chaque jour à son enfant. ”
“ De même qu’un ruisselet bien-aimé de tous, donne à tous son eau limpide ; pour le salut du peuple, qu’il nous donne une voix pour chanter les éloges de sa vie ! Yves s’appliquait à l’étude, surpassait ses compagnons d’école par l’éclat de son esprit. Il les surpassait encore dans les sciences de la terre, et parut au monde avec une auréole d’une incomparable perfection. Les pauvres, les pupilles, les orphelins et tous les malheureux, étaient l’objet de ses prédilections ; et, en avocat distingué, il poursuivait gratuitement leurs causes pour les défendre. ”
