Résumé

A. Pierre-Paul Lettre ouverte à M. Edmond Lespinasse… (1912)

Le mulâtre au Pouvoir n'appelle, pour le servir, que le mulâtre médiocre et de mauvaise foi qui, pour mieux le perdre, tripote la question de couleur, ou le noir rampant, capable de bien remplir le rôle d'exécuteur des hautes oeuvres. Mais tous, noirs et mulâtres, se moquent au fond de cette question de couleur et n'envisagent que leurs intérêts personnels. Quand il s'agit de satisfaire ces intérêts, on les voit résignés et confiants, s'enlacer dans des accolades fraternelles, prêts à plonger le Pays dans les horreurs de la guerre civile et à voler à l'assaut de la Caisse Publique.
Source : Gallica

A. Pierre-Paul Lettre ouverte à M. Edmond Lespinasse… (1912)

A bien considérer, et de quelque côté que l'on jette les yeux autour d'eux, la plupart de ces individus n'ont rien qui les attache au Pays. Leurs plus chères affections, leurs parents les plus proches ont depuis longtemps répudié la nationalité haïtienne. Quand, voulant en imposer au peuple, ils exaltent leur patriotisme et modulent, sur un ton hypocrite, leurs lamentations sur le sort du Pays, ils ressemblent à ces personnages faux qui vous abordent le sourire sur les lèvres et la haine dans le coeur.
Source : Gallica

A. Pierre-Paul Lettre ouverte à M. Edmond Lespinasse… (1912)

Quand on considère que, dans un Etat où depuis quelque temps a paru une génération bien préparée pour la lutte, les mêmes individus commettant toujours les mêmes erreurs, creusent, aux grands applaudissements des naïfs et des inconscients, l'abîme où doivent s'éteindre la dignité et la vie nationales, l'on est tenté, à l'exemple du philosophe grec, de prendre une lanterne pour y chercher en plein jour un homme compétent et de bonne foi.
Source : Gallica

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