Résumé

Alexandre Weill Contes d'amour [ : Le Prince Juste… (1856)

Il n'est pas une princesse au monde qui hésiterait un instant ! — Mon frère, répondit Clélia, je suis aussi fière que toi de l'amour qu'éprouve pour moi le prince Juste. Mais en lui sacrifiant Edouard, auquel dans ce moment on fait violence au nom de l'obéissance à son roi, supposé même que je puisse l'oublier, sais-tu ce que je fais? Je trahis l'amour pour l'ambition, le coeur pour l'esprit et l'âme pour le corps. Tu me parles de gloire. La gloire n'est que là où est le sacrifice ! Que dirait le peuple si je trahissais ma foi donnée au comte de Champ-d'or pour entrer au palais du roi?
Source : Gallica

Alexandre Weill Contes d'amour [ : Le Prince Juste… (1856)

« Comte de Champ-d'or, s'écria-t-elle d'une voix douloureuse, vous ne m'aimez pas, vous ne m'avez jamais aimée. Vous n'aimez que vousmême !
« Le véritable amour s'oublie pour l'objet aimé. La véritable vertu est celle qui se sacrifie pour le bonheur d'une âme forte, grande et juste !» Et, tendant la main au prince, elle ajouta : « Sire, j'aurai et cet amour et cette vertu! » « Vive le roi! vive la reine! » s'écrièrent de nouveau tous les invités du bal.
Source : Gallica

Alexandre Weill Contes d'amour [ : Le Prince Juste… (1856)

Hier, vous alliez partir avec Clélia, vous alliez rendre malheureux non-seulement un ami, un roi, un frère, mais tout un peuple; car, si mon frère pouvait sérieusement renoncer à Clélia, il n'aurait pas fait la démarche inconsidérée d'hier soir. Voilà six mois qu'il lutte contre cette passion. Il la vaincra, il sacrifiera son coeur à sa gloire; mais je crains bien qu'avec la perte de Clélia nous ne perdions tous notre paix, notre prospérité, notre bonheur. Il ne s'agit pas de l'existence d'un homme, il s'agit du bien-être de toute une nation. Le prince est un être à pari.
Source : Gallica

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