André Gérard

Christiane (1879)

Résumé

André Gérard Christiane (1879)

Madame des Aubrais vendra ses bijoux. C'est une honnête femme, monsieur; s'il lui faut vivre pauvre, elle vivra pauvre.
Le banquier eut un sourire équivoque qui acheva d'exaspérer le capitaine.
— Vous allez me faire vos excuses de ce sourire, monsieur ! s'écria-t-il, et de votre marché de honte, sans quoi je vous envoie ce soir deux témoins, et demain.
— Nous nous battrons. Eh bien, non! mon cher, je ne veux point me battre ; je ne suis de
force ni au pistolet ni à l'épée, et n'ai nulle envie de mourir, maintenant moins que jamais.
Source : Gallica

André Gérard Christiane (1879)

Mets-les dans ton corsage, Assaï, et reconduis-moi jusqu'au cèdre. Une fois là, je n'aurai plus rien à craindre.
— Aurons-nous bientôt deux cent mille, Samuel?
— Nous ne sommes qu'à cent douze ou treize mille avec ce que tu tiens.
— Elle n'a pas voulu que tu prennes les bijoux de mademoiselle Agathe.
- Elle a tort ; le frère ou la sœur, qu'importe !
— Il faut encore avoir patience.
— La patience est la force des faibles ; elle chemine dans les ténèbres, lentement, mais sûrement ; plus l'abîme est creusé profond, mieux il garde sa proie. Le temps est l'arme de l'opprimé.
Source : Gallica

André Gérard Christiane (1879)

Dès qu'on l'eut laissé seul, le cheik s'écria: — Tu as parlé contre la coupable, Allah; elle recevra son châtiment. Je la tuerai dans les bras de l'homme qu'elle méprisait pour sa faiblesse et qu'elle va épouser. Tu protégeras ma fuite à travers les mers, toi qui as décidé que je devais vivre pour qu'elle périsse.
Le lundi soir précédent, après que le marabout l'eut quitté, Ben-Amar, dont l'amour succombait enfin sous l'horreur et le mépris, songeait avec une sombre joie à sa mort prochaine.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature