Résumé

Delly Les solitaires de Myols (1981)

Une sorte de lueur joyeuse éclaira un instant le regard de Renaud.
— Tant mieux ! Nous ne souhaitons qu'une chose, c'est que vous y demeuriez toujours.
— Oui, toujours, ma petite Huguette, répéta Mme d'Armilly avec un sourire qui détendit sa physionomie fatiguée. Que ferions-nous maintenant sans vous?
Elle dit d'un ton un peu tremblant, en se penchant pour baiser le front de sa parente :
— Eh bien, je resterai, ma tante... aussi longtemps que vous le voudrez.
— Alors, ce sera toujours, répliqua Renaud, dont le grave visage semblait en ce moment presque celui d'un homme heureux.
Source : Gallica

Delly Les solitaires de Myols (1981)

Oui, cela est préférable, Angèle.
Mlle d'Armilly eut un léger mouvement d'épaules. — Je ne sais trop, Renaud. Les enfants souffrent moins profondément, il me semble.
— On ne reste pas toujours enfant, ma pauvre Angèle, et le moment vient quand même des dures révélations de la vie. Huguette en a été préservée jusqu'ici, j'aurais voulu les lui éviter encore, mais elle a dix-neuf ans, son éducation est terminée, il lui faut connaître l'existence telle qu'elle se présente pour elle.
— Quelle existence ! murmura Angèle d'un accent d'indicible amertume.
Source : Gallica

Delly Les solitaires de Myols (1981)

Mais Renaud vit l'anxiété, subitement apparue sur la physionomie de sa pupille. Une lueur de compassion traversa ses yeux noirs, et il dit d'un ton encourageant :
— Allons, ne vous effrayez pas, Huguette, nous ferons notre possible pour que vous ne soyez pas trop malheureuse à Myols.
— Oh ! non, elle ne sera pas malheureuse... Elle sera comme nous, murmura Angèle d'un ton de sarcasme douloureux.
Et Huguette se demanda avec un peu d'angoisse si vraiment elle serait la proie du désenchantement de toutes choses et de la tranquille amertume qui caractérisaient Angèle d'Armilly.
Source : Gallica

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