André Gérard

Élements biographiques

André Gérard Trop jolie (3e édition) (1881)

Debout devant elle, pâle, suffoquée, l'œil fixe, sentant sa tête s'égarer dans des doutes affreux, Denise semblait une statue de la Stupeur.
Quand elle vit les billets que lui tendait madame de Trécœur, « à titre d'indemnité » y pour ce départ précipité, elle eut un cri de révolte.
— Oh ! non, madame, non ! dit-elle ; vous me chassez! on ne doit pas d'indemnité à ceux qu'on chasse.
La vicomtesse haussa légèrement les épaules, posa les billets sur la cheminée et sortit.
Denise se recoiffa, fit sa malle, puis s'assit
devant son feu éteint, sans pensée, plongée dans une sorte d'hébétement.
Source : Gallica

André Gérard Christiane (1879)

Madame des Aubrais vendra ses bijoux. C'est une honnête femme, monsieur; s'il lui faut vivre pauvre, elle vivra pauvre.
Le banquier eut un sourire équivoque qui acheva d'exaspérer le capitaine.
— Vous allez me faire vos excuses de ce sourire, monsieur ! s'écria-t-il, et de votre marché de honte, sans quoi je vous envoie ce soir deux témoins, et demain.
— Nous nous battrons. Eh bien, non! mon cher, je ne veux point me battre ; je ne suis de
force ni au pistolet ni à l'épée, et n'ai nulle envie de mourir, maintenant moins que jamais.
Source : Gallica

André Gérard Christiane (1879)

Mets-les dans ton corsage, Assaï, et reconduis-moi jusqu'au cèdre. Une fois là, je n'aurai plus rien à craindre.
— Aurons-nous bientôt deux cent mille, Samuel?
— Nous ne sommes qu'à cent douze ou treize mille avec ce que tu tiens.
— Elle n'a pas voulu que tu prennes les bijoux de mademoiselle Agathe.
- Elle a tort ; le frère ou la sœur, qu'importe !
— Il faut encore avoir patience.
— La patience est la force des faibles ; elle chemine dans les ténèbres, lentement, mais sûrement ; plus l'abîme est creusé profond, mieux il garde sa proie. Le temps est l'arme de l'opprimé.
Source : Gallica

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