André Gérard

Résumé

André Gérard Trop jolie (3e édition) (1881)

Debout devant elle, pâle, suffoquée, l'œil fixe, sentant sa tête s'égarer dans des doutes affreux, Denise semblait une statue de la Stupeur.
Quand elle vit les billets que lui tendait madame de Trécœur, « à titre d'indemnité » y pour ce départ précipité, elle eut un cri de révolte.
— Oh ! non, madame, non ! dit-elle ; vous me chassez! on ne doit pas d'indemnité à ceux qu'on chasse.
La vicomtesse haussa légèrement les épaules, posa les billets sur la cheminée et sortit.
Denise se recoiffa, fit sa malle, puis s'assit
devant son feu éteint, sans pensée, plongée dans une sorte d'hébétement.
Source : Gallica

André Gérard Trop jolie (3e édition) (1881)

A cette époque, Denise écrivait aux Derville : « Je coule ma vie sur une ouate où ne perce pas un angle; le poids des jours, qui
m'a si souvent écrasée à Saint-Béat, est devenu de la plume; mes « petites » ressemblent tellement à des anges que parfois je crains qu'elles ne s'envolent. Le bon Dieu me gâte délicieusement; pour un an de désert, dans cette sèche et froide maison Duvernay où je n'avais à aimer que la pauvre demoiselle Aglaé, il m'a ménagé des années d'oasis dans cette chère famille que je le prie chaque soir de combler de ses meilleures bénédictions.
Source : Gallica

André Gérard Trop jolie (3e édition) (1881)

Bénédicte et Paule avaient pour leur institutrice une tendresse enthousiaste et une soumisson absolue qui, en leur rendant attrayantes les heures de travail si redoutées d'abord, simplifiaient singulièrement la tâche de mademoiselle Resve.
Dans ce milieu d'affection et de bienveillance, où tout était sincère et loyal : la parole, le regard, la main tendue, les qualités de ce cœur tendre et fier, les grâces de cet esprit sérieux et fin, où la gaieté de la jeunesse, si longtemps assombrie, mettait son délicat grelot, s'épanouirent et rayonnèrent à l'aise, avivant encore l'éclat de sa beauté.
Source : Gallica

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