Louise Colet

Louise Colet

Résumé

Portrait de Louise Colet Louise Colet Ces petits messieurs

Béatrix sourit à cette phrase triplement et habilement combinée : déprécier une femme qu’on n’aime plus flatte celle à qui l’on veut plaire ; comparer à une beauté accomplie, idéalisée par le génie d’un peintre, une beauté mûre et fanée, c’est distiller une douceur alléchante ; traiter de vieillards un mari et surtout un amant, c’est un défi à l’orgueil féminin ; car, attester ce qu’elle vaut par la valeur de ceux qu’elle conquiert, est en amour une des plus vives préoccupations de la femme. Sent-elle qu’elle est amoindrie par son choix, elle est bien près d’être infidèle.
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Portrait de Louise Colet Louise Colet Ces petits messieurs

Paul s’empresse autour de lui et lui offre de nouer sa cravate.
On part, le pas est franchi. Béatrix s’épuise en chatteries ; elle donne le ton à des concerts de louanges. Le dîner est exquis, les vins égayants, on se sent dans une atmosphère assez douce. On se dit au retour que quelques heures de halte ne nuisent pas aux travaux de l’esprit, qu’après tout, ce salon en vaut bien un autre.
On est sauvage, mais on est poli ; rendre une visite est de rigueur ; on ne revient qu’à de rares intervalles : mais cela suffit ; on est désormais de la maison. L’astre est conquis.
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Portrait de Louise Colet Louise Colet Ces petits messieurs

Un héros d’intrigues parisiennes est dépaysé en pleine nature ; ce n’est plus qu’une marionnette de l’amour. La grandeur, la beauté, la force des éléments le pulvérisent. Puis la dame, affriandée par cette vie en plein soleil, et embrassant du cœur la liberté pour tout l’avenir de sa jeunesse, fut effrayée par un abîme : seule, elle pouvait vivre opulente et sereine, mais la vie à deux vidait sa bourse ; c’était le tonneau des Danaïdes qu’elle remplissait sans trêve et que Paul mettait à sec.
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