Résumé

Vast-Ricouard Claire Aubertin : vices parisiens (1878)

Depuis le départ de l'huissier, Claire et Amélie dinaient, tous les jours, rue de Rivoli, où elles avaient fait la connaissance de plusieurs dames, entre autres de Mme Jackerson et de sa fille, deux grandes amies de Mme Aubertin, dont elles étaient en même temps les locataires. Claire s'était prise d'une folle amitié pour Mlle Jackerson.
Cette grande jeune fille blonde, si rieuse, si bon garçon, si romanesque, se moquant si crânement du qu'en-dira-t-on, passant pour s'être battue en duel, en Amérique, contre un gentlman de six pieds, excitait son admiration.
Source : Gallica

Vast-Ricouard Claire Aubertin : vices parisiens (1878)

Mme Aubertin reconnut aussitôt la voix de son mari et, se dressant d'un bond : — Vous ! dit-elle , que voulez-vous ?
Aubertin peignit à sa femme, en termes plus emphatiques que sincèrement émus, les souffrances qu'il avait endurées, depuis sa mésaventure du théâtre des Délassements. Il était sans ressources, sans asile ; ses amis, maintenant qu'il était dans le
malheur, l'avaient abandonné; il avait remué ciel et terre pour trouver quelque emploi qui lui permit de vivre, mais en vain. Il n'avait donc plus d'espoir qu'en son Henriette, en la mère de sa fille.
Source : Gallica

Vast-Ricouard Claire Aubertin : vices parisiens (1878)

Henriette, de son côté, avait éprouvé des sensations nouvelles. Pour la première fois, elle s'était donnée à l'homme qu'elle aimait ! Qu'on se le rappelle en effet, quand elle avait épousé Aubertin, cela avait été chez elle plutôt une affaire de dévouement qu'un penchant bien arrêté du cœur; son mariage tenait du sacrifice, — sacrifice que sa nature romanesque seule lui imposait, — plutôt que de l'affection. Tout d'abord, certainement, elle avait aimé son mari, mais comme on aime l'homme avec lequel on est destiné à vivre tous les jours, c'est-à-dire, sans exaltation, sans folles ardeurs !
Source : Gallica

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