Résumé

Armand Guérinot Essai de bibliographie jaïna

À la vérité le dieu actuel des Jaïs n’est autre que le principe vivant, l’âme, le jîva, délivré des liens du karman et à jamais affranchi. À ce titre c’est une pure intelligence, libre de passions et de désirs, indépendante de la matière. C’est l’infinie connaissance, l’infinie pureté et l’infini bonheur. Suivant l’antique doctrine toute âme pouvait espérer une telle condition. Peut-être, à bien examiner le problème, n’en est-il pas autrement encore aujourd’hui.
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Armand Guérinot Essai de bibliographie jaïna

C’est la connaissance absolue et parfaite, sans limitation, à laquelle n’échappent ni le présent, ni le passé aussi reculé qu’il puisse être, ni l’avenir le plus lointain. Cette science est celle que possèdent les Jinas.
En ce qui concerne la métaphysique de la connaissance, les Jaïns ont élaboré un système d’une très vive originalité et qui laisse loin derrière lui les méthodes sceptiques les plus célèbres. C’est la doctrine du « peut-être », du syâdvâda, qui s’oppose au dogmatisme absolu, astivâda, du Brâhmanisme, comme à la théorie du vide ou du néant, śûnyavâda, des Bouddhistes.
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Armand Guérinot Essai de bibliographie jaïna

Ce vœu ne se retrouve pas chez les Bouddhistes, et il donne à la morale jaïna le caractère de sévérité que nous lui connaissons. Il est en effet le principe de cet ascétisme que pratiquent les Jaïns et qu’ils poussent parfois jusqu’à l’extrême limite, le suicide par inanition. Les Bouddhistes sont plus indulgents à l’égard d’eux-mêmes. Sans tomber dans le relâchement que leur ont reproché parfois leurs rivaux, ils se gardent de l’extrême contraire et s’efforcent de se tenir toujours dans une moyenne raisonnable, en harmonie avec la nature humaine.
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