Résumé

Portrait de Bertrand Russell Bertrand Russell Le Mysticisme et la Logique

Mais, de ce dernier refuge lui-même, il faut qu’elle soit chassée, si tant est que la philosophie doive être autre chose qu’un chaos de douces rêveries. C’est un lieu commun de dire que le meilleur moyen d’atteindre le bonheur n’est pas de le poursuivre ; il semble qu’il en soit de même du bien. Tout au moins en ce qui concerne la pensée, ceux qui oublient le bien et le mal, et ne cherchent qu’à connaître les faits, mèneront leur tâche à bien, plus sûrement que ceux qui contemplent le monde à travers le verre déformant de leurs désirs.
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Portrait de Bertrand Russell Bertrand Russell Le Mysticisme et la Logique

Les mathématiques, à les bien comprendre, possèdent non seulement la vérité, mais la suprême beauté — une beauté froide et austère, comme celle de la sculpture, qui ne s’adresse en aucune façon à notre nature inférieure, dépouillée des atours magnifiques de la peinture et de la musique, et susceptible d’une perfection sévère que seul connaît l’art le plus élevé. Le véritable esprit de joie, l’exaltation, le sentiment d’être plus qu’un homme, qui est la pierre de touche de l’excellence la plus haute, se trouvent dans les mathématiques comme dans la poésie.
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Un idéal vers lequel le monde tend de façon continue, paraît à ces esprits, trop nu et trop statique pour valoir la peine qu’on y tende. Ce n’est pas seule l’inspiration, c’est l’idéal lui-même qui doit se modifier et se développer au cours de l’évolution : il ne doit point y avoir de but fixé, mais une création continue de tendances nouvelles, du fait de l’élan qui constitue la vie et qui, seul, assure au processus son unité.
La vie, dans cette philosophie, est un courant continu où toute division est artificielle et sans réalité.
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