Résumé

Portrait de Bret Harte Bret Harte La Rose de Tuolumne, récit de moeurs californiennes

C’était elle, bien que l’œil d’un amoureux pût seul la reconnaître sous le grand voile blanc qui l’enveloppait. Il s’approcha et à voix basse : — Ne restons pas là en plein clair de lune, dit-il, tout le monde peut nous voir.
— Nous n’avons rien à nous dire qui ne puisse être dit en plein jour, répliqua-t-elle.
Jenny tremblait cependant, d’émotion sans doute : — Levez donc la tête, dit-elle tout à coup, et laissez-moi vous regarder. Je n’ai connu jusqu’ici que des hommes. Laissez-moi voir à quoi ressemble un traître.
L’expression égarée de son visage le frappa plus que ses paroles mêmes.
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En effet Jenny guérit vite. La nature vint en aide à son enfant gâté. Le parfum vivifiant des sapins, l’air pur des sierras, la remirent sur pied, comme ils eussent fait pour un faon blessé. À quinze jours de là, elle marchait appuyée sur le bras de Ridgeway, et quand vers la fin du même mois le jeune homme, revenant d’un rapide voyage à San-Francisco, sauta hors de la diligence, la Rose de Tuolumne, aussi fraîche que jamais, l’attendait sur la route.
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Jenny ! aie donc pitié de moi, chère enfant ! s’écria Mac-Closky s’arrachant cette fois la barbe tout de bon, je n’ai rien dit de semblable. Je pensais que tu....
— Assez, mon père, assez ! dit Jenny d’un air magnanime, vous ne m’avez pas comprise, vous ne pouviez me comprendre ; ce n’est point de votre faute, vous êtes un homme !
Mac-Closky, désolé, essaya d’une vague protestation ; mais Jenny, s’étant soulagée mentalement à la manière de son sexe, par l’application personnelle d’un axiome abstrait, lui pardonna en l’embrassant.
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