Résumé

Camille Bellaigue Revue musicale - 14 décembre 1889

Ce n’est que son plaisir qu’elle chante, et non pas son amour. Mais Mireille, la paysanne, l’amoureuse, en pleine nature, sous les mûriers, parler de Vincent avec sa voix seulement, quand elle vient d’en parler, quand elle va lui parler, et si délicieusement, avec son cœur ! « Chantez, chantez, magnanarelles, » mais sans faire de roulades, comme vous chantez quand le rideau se lève et quand il tombe sur l’adorable premier acte de la partition. Oh ! l’aimable chanson de jeunes filles, de gracieuses ouvrières des champs !
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Camille Bellaigue Revue musicale - 14 décembre 1889

La chanson d'Andreloun est pour ainsi dire impersonnelle, indifférente : on dirait un soupir de la terre ; celle de Mireille est plus humaine et mélancolique. La pauvrette, toute triste et un peu jalouse, regarde le petit pâtre s'endormir sous l'azur du ciel, qu'une modulation pittoresque suffit à nous montrer tout bleu au-dessus de sa tête.
Ce lumineux épisode est le foyer de la partition ; il l'échauffe et l'éclaire. Il a dans l'ensemble de l'œuvre une importance capitale. A l’Opéra-Comique, on l'a bien compris, et on a soigné le tableau : décor ensoleillé et charmante interprète.
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Camille Bellaigue Revue musicale - 14 décembre 1889

Par quel heureux contraste, par quel cri de passion aussitôt suivi de quel soupir de modestie, presque d’humilité, l’artiste indique une nuance exquise entre l’amour que ressent Alceste et celui qu’elle inspire ! Quand on chante ainsi, on chantera ainsi toujours. Le talent de Mme Krauss ne passera jamais, parce qu’il est avant tout la manifestation d’une âme, et que l’âme ne passe point.
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