Résumé

P. Scudo Revue musicale - L’Oberon de Weber

L’OBERON DE WEBER.
La saison des théâtres lyriques est à peu près finie. Ils ont tous produit au grand jour de la rampe ce qu’ils avaient de plus intéressant, et nous pouvons raconter leurs faits et gestes sans craindre aucune grande surprise. L’Opéra, en grand seigneur qu’il est, s’ennuie avec fracas et n’amuse guère ceux qui font vœu d’être siens. Le Trouvère a bien vieilli depuis deux mois qu’on le chante sur la scène illustrée par Gluck, où l’on ne peut entendre aucun de ses chefs-d’œuvre.
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P. Scudo Revue musicale - L’Oberon de Weber

Qu’il y a partout des aveugles et des beaux-esprits incapables de comprendre les œuvres du génie. Nous croyons bien moins à l’existence des génies méconnus qu’à celle des charlatans qui en usurpent la place. Il est en effet plus facile de tromper le vulgaire par une science de mauvais aloi et des inspirations prétendues fantastiques, que d’échapper à l’admiration de ses contemporains quand on s’appelle Dante, Shakspeare, Palestrina, Mozart, Rossini, Beethoven, Weber ou Hérold.
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P. Scudo Revue musicale - L’Oberon de Weber

Oberon, de Weber, a été représenté le 27 février devant un public nombreux qui s’est montré digne du chef-d’œuvre dont il entendait pour la première fois les magiques accords. On a redemandé l’ouverture et trois ou quatre morceaux des plus saillans. C’est un événement pour l’art musical que le triomphe l’Oberon sur un théâtre de Paris. On pouvait craindre une chute ou, ce qui est pis, un de ces succès d’estime et d’hypocrisie, avec lesquels on enterre décemment les chefs-d’œuvre et les grands hommes ; mais, grâce au ciel, nous n’avons pas à déplorer un pareil outrage fait au génie de Weber.
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