“ Le comte aimait maintenant doublement Marie, pour cette tendre affection de l’épouse et ce dévouement absolu de la mère. Entre toutes ces tendresses dont elle était environnée, Mireille se développait comme une belle fleur. Chaque jour faisait apparaître en elle un charme de plus. Après son sourire qui éclaira tous les fronts, ce fut son enfantin balbutiement, puis ses premiers pas, sur le tapis du salon, où son père et sa mère s’étaient agenouillés pour mieux lui tendre les bras. Bientôt elle courut toute seule dans le jardin, en gazouillant ainsi qu’une hirondelle. ”
Mireille
Définition et enjeux
Mireille apparaît dans la littérature comme un symbole de pureté, d’amour et d’inspiration artistique. Éva Jouan la dépeint comme une enfant lumineuse, entourée de tendresse, tandis qu’Henri Ardel la place au cœur d’une passion déchirante, où son absence devient une épreuve existentielle.
Frédéric Mistral, lui, évoque son nom comme un leitmotif poétique, associant son image à la Provence et à l’idylle. Ces approches variées, allant du réalisme émotionnel au lyrisme, révèlent une figure complexe, à la fois fragile et emblématique, qui traverse les œuvres comme un fil conducteur de l’âme humaine.
Citations sur “Mireille”
Henri Ardel,
Le Feu sous la Cendre
(1920)
“ Mireille, c’est atroce de ne pas vous voir.Elle dit passionnément, avec un tel désir de lui apporter la conviction qui lui serait un viatique, qu’un instant entra en lui la foi qu’elle voulait lui donner:—Vous me verrez bientôt, mon ami. Ayez patience!—Ah! si j’étais certain de voir finir cette horrible nuit, quelle patience j’aurais! Mais ne jamais plus vous voir, Mireille!... Ni la lumière!... Ni la couleur... Ne plus peindre!... Vous souvenez-vous, là-bas, au bord de la mer, je vous disais que c’était la seule épreuve que je redoutais... Et justement, elle s’est abattue sur moi! ”
Pierre Maurice, L'enfant du divorce : roman (1950)
“ Mireille, la bohème Mireille venait s'opposer au réalisme de sa nouvelle femme ! L'enfant sans fortune tressaillait lorsqu'elle entendait de la belle musique ; son âme se noyait délicieusement dans un beau paysage ; et sa grande joie était de faire partager à son fiancé, et plus tard son mari, la sensation qu'elle éprouvait lorsque le vent chantait doucement dans les pins, là-bas, du côté de Dampierre... ”
