Camille Étiévant

Résumé

Camille Étiévant La débâcle (1884)

Les sourds grondements du canon leur inspiraient à tous un grand espoir : ils se disaient que les Allemands, de crainte d'être attaqués, délaisseraient leur poste. Pour le docteur Claude, le bruit du canon était comme l'avertissement de la venue prochaine des soldats français.
— En avant ! En avant ! répétait-il sans cesse. Il fut fort étonné de trouver ouvertes les portes de la maison Raynol. Il appela. Personne ne répondit. Il alla de chambre en chambre : il régnait partout un silence de mort.
— Pierre - Jean ! Frédéric ! Claudie ! Lucie ! s 'écriait-il, saisi par d'indicibles angoisses.
Source : Gallica

Camille Étiévant La débâcle (1884)

« Mon ami Stéphane, tu es pauvre, tu n'es pas beau, tu n'es ni galant, ni aimable, ni amusant, donc tu dois te conduire avec - une réserve sérieuse dans la vie, si tu ne veux pas souffrir... Sois égoïste... »
— Tu mens affrontément, fit Pierre-Jean en s'emportant. Tu as un cœur d'or...
— Pas lourd le cœur d'or, comme dit Le Moussu, quand arrive la fin du mois. Et que sera-t-il le lendemain du réveillon? Mais, n'importe ! les femmes connaissent à merveille l'heure de la sainte-touche et, alors, on les voit accourir avec un empressement admirable.
Source : Gallica

Camille Étiévant La débâcle (1884)

La trahison de Sylvie et de Lucien anéantissait Pierre-Jean. Il pensa à son père, à l'agonie qu'il avait endurée, et il éprouva un indicible serrement de cœur en se souvenant de sa mère, de cette femme adorée, dont le martyre devait être sans fin. Un sentiment extraordinaire se fit jour en lui. Cette mère ne se présenta plus à son esprit — chaste, admirable, sublime comme autrefois. Oh! ce sentiment abominable ne le retint pas longtemps dans son étreinte : Pierre-Jean se révolta. Et Stéphane Gérard fut stupéfait en le voyant se lever tout à coup en poussant des plaintes et des cris.
Source : Gallica

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