Résumé

Charles Piou Revue des Deux Mondes tome 141…

Le tempérament de la nation, après cette douloureuse élaboration de plus d’un siècle, est fixé sans retour. Les classes dirigeantes n’existent plus ; leur influence politique est perdue ; avec le suffrage universel, le peuple est devenu souverain. Déléguât-il sa souveraineté, le maître qui la recueillerait ne serait que son instrument et son image. La liberté peut être confisquée ; l’égalité démocratique ne disparaîtra qu’avec la France elle-même.
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Charles Piou Revue des Deux Mondes tome 141…

Sur le champ de bataille, ils se retrouvent héroïques comme leurs aïeux.
À côté de ces hommes, enfermés dans leurs regrets, il en est d’autres, arrivés aux premiers rangs par le travail, l’intelligence, la richesse, mais que leur élévation a rendus oublieux de leur histoire. La haute bourgeoisie se regarde comme une aristocratie intellectuelle appelée à exercer le pouvoir, et à l’exercer sans partage. Elle a, pour la démocratie, qu’elle juge médiocre et jalouse, les hauteurs que donne la supériorité et les défiances que donne la fortune.
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Là, comme partout, les violens donnent le ton, et là, comme partout, les violens sont des aveugles. Tout se transforme autour d’eux, et ils ne renoncent ni à une illusion, ni à un ressentiment. Pour eux, 1789 est un malheur ; l’ancien régime, le type de la société idéale ; la monarchie, une institution quasi divine. Le tiers-état s’est insurgé contre la noblesse ; il en est châtié par l’insurrection du peuple. Une nation bien organisée doit être conduite par la classe que la lente formation des siècles, le long exercice du pouvoir ont préparée, mûrie, affinée.
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