Dimitrie Drăghicescu, La réalité de l'esprit : essais de sociologie subjective (1928)
“ Dieu chassa l'homme de l'inconscience, c'est-à-dire du paradis, et le condamna aux douleurs perpétuelles des travaux forcés, c'est-à-dire du travail. La béatitude, l'inconscience et l'immortalité de l'homme firent place à la conscience, corollaire fatal de la douleur, du travail forcé et de la mort. C'est donc un acte défendu, un ordre désobéi qui déchaîna dans l'espèce humaine la douleur, la nécessité de travailler et, par surcroît, la conscience de soi. Selon l'intuition chrétienne, l'homme n'est devenu conscient que pour avoir mordu du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. ”
