Résumé

Portrait de Edmond About Edmond About Ces coquins d’agents de change

Les agents de change l’opposent aux coulissiers. « Vous ne ferez pas d’affaires, leur disent-ils, car nous seuls avons le droit d’en faire. » Mais seuls en dit plus qu’il n’est gros. Un spéculateur de mauvaise foi peut dire à l’agent de change : « Je perds cinquante mille francs à la dernière liquidation, mais j’avais donné mes ordres à un simple commis qui n’a pas le droit d’acheter ni de vendre. C’est un droit qui n’appartient qu’à vous seul. »
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Quand un joueur perd et ne paie pas, son adversaire manque à gagner : en tous cas, il a le risque, puisqu’il devait avoir le profit. Mais ce n’est pas l’agent de change qui joue : il n’est pas l’adversaire du perdant, il n’est que l’intermédiaire. S’il achète 3 000 francs de rente pour un capital de 70 000 francs, il a droit à un courtage de 40 francs pour tout profit, que l’affaire soit bonne ou mauvaise. Moyennant ces 40 francs, qu’il n’a pas touchés, l’honneur le condamne à payer les dettes de son client, et la loi ne lui permet pas de le poursuivre.
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D’AGENTS DE CHANGE I J’ai lu dans un vieux dictionnaire français la définition suivante :
Coquin. — Homme qui ne craint pas de violer habituellement les lois de son pays.
Si les articles d’un dictionnaire étaient des articles de foi, les plus grands coquins de France seraient les agents de change de Paris. Il n’en est pas un seul qui ne viole au moins cinquante fois par jour ces lois augustes et sacrées que Mandrin, Cartouche et Lacenaire oubliaient tout au plus deux fois par semaine.
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