“ La liberté morale de la femme a commencé le jour où l’Église lui a donné un confident, un guide en Jésus, qui la dirige et la console, qui toujours l’écoute, et parfois l’engage à résister. La femme a besoin d’être gouvernée, n’est heureuse que gouvernée ; mais il faut qu’elle aime celui qui la gouverne. Voilà ce que ni les sociétés anciennes, ni le judaïsme, ni l’islamisme, n’ont pu faire. La femme n’a jamais eu jusqu’ici une conscience religieuse, une individualité morale, une opinion propre que dans le christianisme. ”
Ernest Renan
Résumé
Ernest Renan consacre Les Apôtres à l’histoire du christianisme naissant, en mettant en évidence les missions des disciples de Jésus dans des lieux tels que Jérusalem, Antioche et l’Asie Mineure. L’œuvre examine les tensions entre le judaïsme, l’Empire romain et la diffusion du culte chrétien, en soulignant le rôle paradoxal de figures comme saint Paul.
Renan analyse la résistance des Juifs face à l'idolâtrie impériale et l'intensité du dévouement apostolique, illustrant ainsi comment le christianisme a forgé une conscience religieuse universelle.
Citations de Les Apôtres (Ernest Renan)
“ Les grands embrasements religieux, étant la conséquence d’une manière très-arrêtée de voir les choses, deviennent ainsi des énigmes pour un siècle comme le nôtre, où la rigueur des convictions s’est affaiblie. Chez nous, l’homme sincère modifie sans cesse ses opinions ; en premier lieu, parce que le monde change ; en second lieu, parce que l’appréciateur change aussi. Nous croyons plusieurs choses à la fois. Nous aimons la justice et la vérité ; pour elles nous exposerions notre vie ; mais nous n’admettons pas que le juste et le vrai soient l’apanage d’une secte ou d’un parti. ”
“ L’abaissement religieux du monde était tel, qu’il ne s’éleva pas une protestation contre les sacrilèges du césar ; chaque culte s’empressa de lui décerner les titres et les honneurs qu’il réservait à ses dieux. C’est la gloire éternelle des Juifs d’avoir élevé, au milieu de cette ignoble idolâtrie, le cri de la conscience indignée. Le principe d’intolérance qui était en eux, et qui les entraînait à tant d’actes cruels, paraissait ici par son beau côté. Affirmant seuls que leur religion était la religion absolue, ils ne plièrent pas devant l’odieux caprice du tyran. ”
