“ L’orgueil du sang lui paraît l’ennemi capital qu’il faut combattre. Jésus, en d’autres termes, n’est plus juif. Il est révolutionnaire au plus haut degré ; il appelle tous les hommes à un culte fondé sur leur seule qualité d’enfants de Dieu. Il proclame les droits de l’homme, non les droits du juif ; la religion de l’homme, non la religion du juif ; la délivrance de l’homme, non la délivrance du juif. Ah ! que nous sommes loin d’un Judas Gaulonite, d’un Mathias Margaloth, prêchant la révolution au nom de la Loi ! La religion de l’humanité, établie non sur le sang, mais sur le cœur, est fondée. ”
Ernest Renan
Résumé
Vie de Jésus, essai d'Ernest Renan publié en 1863, marque un tournant dans l'histoire des religions en présentant Jésus comme un personnage historique et moral, débarrassé de toute divinité. Première œuvre d'une vaste entreprise, L'Histoire des origines du christianisme, elle suscite un tollé religieux et intellectuel en rejetant les miracles et en analysant les Évangiles selon une approche critique et rationaliste.
Structurée en 28 chapitres, elle reconstitue la vie de Jésus dans son contexte socio-historique, soulignant ses idéaux de fraternité et de justice sociale. Malgré son interdiction par l'Église, l'ouvrage devient un best-seller, réédité en 1867 avec des développements définitifs, et reste une référence dans l'étude du christianisme.
Citations de Vie de Jésus (Ernest Renan)
“ Je suis le pain de vie ? N’est-ce pas là Jésus, le fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère ? Comment peut-il dire qu’il est descendu du ciel ? » Et Jésus insistant avec plus de force encore : « Je suis le pain de vie ; vos pères ont mangé la manne dans le désert et sont morts. C’est ici le pain qui est descendu du ciel, afin que celui qui en mange ne meure point. Je suis le pain vivant ; si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, pour la vie du monde. » ”
“ Mais le sentiment que Jésus a introduit dans le monde est bien le nôtre. Son parfait idéalisme est la plus haute règle de la vie détachée et vertueuse. Il a créé le ciel des âmes pures, où se trouve ce qu’on demande en vain à la terre, la parfaite noblesse des enfants de Dieu, la pureté absolue, la totale abstraction des souillures du monde, la liberté enfin, que la société réelle exclut comme une impossibilité, et qui n’a toute son amplitude que dans le domaine de la pensée. Le grand maître de ceux qui se réfugient dans ce royaume de Dieu idéal est encore Jésus. ”
