“ Seule, la Magdeleine demeure auprès du tombeau. Elle verse un torrent de larmes. — Mon pauvre Jésus ! mon pauvre Jésus ! s’écrie-t-elle ; faut-il que ces scribes et ces pharisiens soient barbares !... Voilà maintenant qu’ils s’acharnent contre le cadavre de mon bien-aimé !... Car, j’en suis sûre, ce sont eux qui l’ont enlevé... Hélas ! hélas ! que peuvent-ils vouloir en faire ?... Et, comme elle se baissait pour regarder encore, elle aperçut dans le tombeau deux anges habillés de blanc : ils étaient assis à l’endroit où avait été le cadavre, et se tenaient l’un à la tête, l’autre aux pieds. ”
Léo Taxil
Résumé
La Vie de Jésus, de Léo Taxil, raconte de façon narrative et poétique l'histoire du Christ, en combinant récits bibliques et interprétations personnelles. L'auteur aborde des sujets tels que les miracles, les disciples et les débats théologiques, comme la divinité de Jésus ou le rôle des anges. Les personnages principaux — Jésus, Marie-Madeleine, Joseph — se déplacent dans un univers où les pharisiens, les mages et le Malin interagissent au travers d'une prose à la fois lyrique et ironique.
Le texte interroge l'incarnation, les paradoxes divins et les récits évangéliques, en s'appuyant sur des dialogues percutants et des descriptions symboliques, comme celle du désert ou de la résurrection. Ce roman, paru en 1885, allie fiction religieuse et critique spirituelle, offrant une vision à la fois méditative et provocatrice de la figure du Messie.
Citations de La Vie de Jésus (Léo Taxil)
“ Nous croyons d’une ferme foi que Jésus est le fils de Dieu, Dieu comme son père, et, à ce titre, infiniment sage et infiniment grand ; d’un autre côté, nous lisons dans l’Évangile que Jésus a été enfant, qu’il a crû en âge, en grâce, en sagesse. Ni l’une ni l’autre de ces vérités ne doit être niée ou altérée ; quant à la manière de les concilier, elle nous échappe ; mais il n’en peut être autrement sans que l’Incarnation cesse d’être ce que Dieu a voulu qu’elle fût, un mystère qui surpasse notre raison sans la contredire. ”
“ Au lieu de fréquenter ses jeunes amis, il s’en allait dans le désert, et là, il prenait plaisir à parler tout seul. Son désert, à lui, était la partie inculte du territoire qui s’étend d’Hébron à Jérusalem : ce n’est qu’une suite de collines entrecoupées de vallons desséchés. De chétifs arbustes y rompent à grand’peine la monotonie des terres crayeuses dont l’éclat fatigue les yeux. Cette maigre verdure disparaît même complètement dès qu’on approche de la mer Morte ; la désolation y est absolue. Tel est l’aspect du désert où Jean demeura jusqu’à l’âge de trente ans. ”
