Résumé

Portrait de G. Valbert G. Valbert Francesco Crispi et sa politique

Il disait l’autre jour « que depuis vingt-sept ans, l’Italie avait toujours subi quelque influence étrangère, mais qu’enfin était venu un homme qui faisait de la politique indépendante et vraiment nationale. » Les Italiens ont souri, ils savent mieux que personne ce qui en est, et que M. Crispi n’est fier qu’avec nous. Avec d’autres, il est infiniment souple et facile. Les Autrichiens eux-mêmes et les Anglais se sont plaints qu’il y avait de l’excès dans ses complaisances, dans ses doux empressemens pour l’Allemagne. Si intelligent que soit M. Crispi, il y a des choses qui lui échappent.
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Il s’appuie alternativement sur la gauche et sur la droite, sur la droite et sur la gauche ; sa politique est un système de bascule pratiqué avec autant de persévérance que d’adresse. Il ne contente personne, mais il ne réduit personne au désespoir.
M. Crispi, en dépit des apparences, est un opportuniste, et l’à-propos est son Dieu. Il aime à aigrir, à envenimer les questions et les querelles ; mais, après ces grands éclats, il consulte son intérêt, et il lui en coûte peu de se rapprocher de ses ennemis, et moins encore de se brouiller avec ses amis.
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Il ne comprendra jamais que, sous peine de prêter à la raillerie, il ne faut pas se comparer à l’Etna, qu’il est malséant de fêter les vêpres siciliennes, et que la mesure en toute chose est la marque des vrais hommes d’état.
Mais gardons-nous de croire qu’il fût homme à se contenter longtemps des stériles satisfactions d’amour-propre que procure une politique de parade qui ne conduit à rien. Quand on examine de près sa conduite, on voit qu’une idée, à laquelle il rapporte tout, dirige toutes ses actions, inspire toutes ses paroles.
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