Guillaume Colletet

Résumé

Guillaume Colletet Mignardises amoureuses de l'admirée (1868)

Si ton pouvoir qui mon ame domine, Est mon àppuy, et le seul fondement Dessus lequel mon amour fermement Se soustenant, autre-part ne s'incline ; Si de ta main celestement divine Tu me distrais du sentier de tourment, Si mon espoir, si mon contentement En mon vouloir (mon seul but) se termine ; Si je ne peux rien faire ou desirer, Ou au plus haut de l'Amour aspirer Si premier n'est permis de toy, Madame; Donques pourquoy tous les jours permets-tu Que mon amour je chante, et ta vertu, Si tu ne croys en l'ardeur qui m'enflame ?
Source : Gallica

Guillaume Colletet Mignardises amoureuses de l'admirée (1868)

Soit que tu sois en troupe de gens d'armes Sus un cheval fierement poudroyant, Soit qu'un canon horrible foudroyant Sifle sus toy en tonnantes alarmes ; Soit qu'en faulsant et le corps et les armes De l'ennemy dessoubs tes coups ployant, Et çà et là pour ses playes fuyant Humble il te fasse hommage de ses larmes ; En quelque part que ce dieu furieux T'aille guidant, non jamais ocieux A soustenir sa vaillante querelle, Tu as tousjours dans le cœur imprimé Cet œil tant doux, et ce front tant aymé De ta mignarde et belle Damoiselle.
Source : Gallica

Guillaume Colletet Mignardises amoureuses de l'admirée (1868)

Si pour n'avoir aucune jouyssanee De ses amours fierement animez, Et si pour estre absent des lieux aimez, Et de vos yeux, d'une si longue absence ; Si pour n'avoir un seul point d'esperance De voir jamais ses ennuis terminez, Et si pour voir mille maux assinez En son malheur, pour toute recompense ; Si tout cela pouvoit faire amortir Le feu d'amour, ou bien le divertir, Le detournant d'un enflâmé courage, Longtemps y a que ce brazier cuisant, Qui me va tout jusqu'aux os épuisant, M'eust refraichi, ou privé de sa rage.
Source : Gallica

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