Résumé

Portrait de Guizot Guizot Revue des Deux Mondes

Hélas ! mon cher lord Galway, écrivait quelques jours après lady Russell à son cousin Henri de Ruvigny, mon esprit n’est plus que désordre, confusion et stupeur; je me sens incapable de dire ou de faire ce que je devrais. Je ne connaissais pas, avant de le perdre, tout mon amour pour lui. Quand la nature, qui aujourd’hui ne veut rien entendre, se sera un peu calmée, alors, et seule aient alors, j’espère que celui dont la bonté n’a point de bornes, et dont la toute-puissance est irrésistible, viendra à mon aide par sa grâce, et m’apprendra à me soumettre aux décrets de sa providence.
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Je n’ai pas le temps d’en écrire plus long, et je termine en assurant votre seigneurie que je suis, autant que personne le pût être, mylord, de votre seigneurie, le fils le plus affectionné et le plus humble serviteur,
« WILLIAM RUSSELL. »
La vie ne peut être longtemps désordonnée quand l’âme est si droite, si respectueuse et si tendre. Les mœurs de William Russell ne tardèrent pas à se relever au niveau de son âme. Lady Vaughan ne fut probablement pas étrangère à ce rétablissement de l’harmonie morale dans le noble jeune homme à qui elle devait se donner.
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Parmi les raisons de cette faveur, ce n’est pas la moindre qu’il soit le père de lord Russell, l’ornement de ce temps; il ne suffit pas que les rares mérites d’un tel homme soient transmis à la postérité par l’histoire; le roi et la reine veulent les inscrire dans leurs présentes lettres, afin qu’elles restent dans sa famille comme un monument consacré à cette vertu accomplie, dont la mémoire doit subsister aussi longtemps que les hommes conserveront quelque estime pour la sainteté des mœurs, la grandeur de l’âme et l’amour de la patrie constant et invincible, même par la mort.
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