Robert de Bonnières

Résumé

Robert de Bonnières Revue des Deux Mondes

Inspirées de la terre, du ciel et des eaux qu’elles proclament, en lui apprenant à se confondre elle-même humblement dans les choses, peut-être lui avaient-elles fait sentir que les hommes non plus ne méritent ni fâcherie ni dégoût, qu’ils sont comme la pierre qui tombe ou la tige qui s’élève et qu’en leurs actions indistinctes, elle devait adorer l’effort mystérieux d’un monde où, aux dépens de chaque être et en dépit du mécompte, tout n’est qu’ordre, mouvement et beauté! N’ayant point achevé, comme je viens de dire, lord Hyland rêva quelque temps accoudé sur la lisse.
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Robert de Bonnières Revue des Deux Mondes

Ainsi que la naissance de ces deux chers enfans en qui je me sens une joie mystérieuse à revivre, j’envisage ma mort comme un de ces merveilleux ouvrages auxquels se plaît la nature. Tout en ignorant le but et les fins qu’elle-même se propose, j’ai le sentiment que le sort qui nous est réservé n’est point pour inquiéter celui qui s’y résigne. Des millions et des millions d’hommes sont morts avant moi, dont nous ne savons rien que ce que les vivans nous en disent, et la ferme confiance que j’ai de leur éternel repos, autant qu’elle me soulage pour eux, me rassure pour moi.
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Robert de Bonnières Revue des Deux Mondes

VIII Si lord Hyland avait arraché sa fiancée à William, du moins n’était-ce pas au profit d’un autre. À différentes reprises, il m’avait dit qu’il ne comptait pas marier sa fille, qu’elle était ainsi plus libre, plus heureuse, qu’elle n’y pensait pas, ou, du moins, qu’elle n’y pensait plus. Ses idées sur le célibat s’étendaient aux femmes et, comme l’Apôtre, il considérait qu’il était de plus grande perfection de ne se point marier. Nos sœurs et nos missionnaires lui paraissaient d’excellens modèles que de lui-même Samuel avait suivis avec avantage et auxquels lady Lucy devait s’appliquer.
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