Résumé

Portrait de Gustave Planche Gustave Planche Littérature Dramatique — La Question d’Argent

Si le modèle manque d’unité, s’il n’est pas logique dans ses ridicules, s’il touche au bon sens par les railleries qu’il s’adresse, à la probité par la franchise de ses aveux, s’il pousse la bonhomie jusqu’à la témérité, il appartient au poète d’effacer ou d’amoindrir ces contradictions, afin de mettre en relief ce que j’appellerai les ridicules harmonieux, les ridicules qui se donnent la main, et se groupent pour composer un caractère vraiment comique. Rire de soi-même n’est pas le moyen d’exciter le rire. Si Jean Giraud était plus sérieusement sot, il serait dix fois plus gai.
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Portrait de Gustave Planche Gustave Planche Littérature Dramatique — La Question d’Argent

Jean Giraud le financier, qui sert de pivot à la comédie entière, tient à la fois du portrait et de la caricature. Tant qu’il demeure dans la vérité, tant qu’il parle de ses millions avec orgueil, avec ivresse, et propose à ceux qui l’écoutent de les enrichir, comme s’il voulait se faire pardonner sa richesse, il intéresse l’auditoire, et ses moindres paroles sont recueillies avidement ; mais quand il exprime lui-même sur son compte la pensée qu’il devrait éveiller tout en l’ignorant, quand il prend plaisir à signaler ses ridicules, il sort de la comédie pour tomber dans la farce.
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Portrait de Gustave Planche Gustave Planche Littérature Dramatique — La Question d’Argent

Le public écoute la Question d’Argent avec une attention qui ne languit pas un seul instant ; mais il demeure immobile, il s’étonne au lieu d’applaudir, toutes les fois que l’auteur, égaré par ses souvenirs, prête à ses personnages une expression qui ne s’accorde pas avec leur caractère, et les auditeurs les plus indulgens sont obligés d’avouer que cette méprise se renouvelle bien souvent.
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