Résumé

Portrait de Henri Didon Henri Didon L'Enseignement supérieur et les Universités catholiques (1876)

Ne voient-ils pas que, depuis plus d'un siècle, la guerre civile est partout, dans la politique, dans la science, dans la littérature, dans les arts, dans la philosophie, dans la religion ? Ce qui se passe dans la rue est l'image de ce qui se passe dans le secret des cœurs. Quand l'incendie dévore les monuments, les églises et les palais, il y a longtemps déjà que la haine couve dans les êtres farouches qui se sont faits incendiaires. Quand les citoyens s'entr'égorgent, et que la guerre civile descend dans la rue, c'est qu'elle rugit depuis longtemps dans les âmes.
Source : Gallica

Portrait de Henri Didon Henri Didon L'Enseignement supérieur et les Universités catholiques (1876)

Les docteurs du moyen âge, et au-dessus d'eux saint Thomas d'Aquin, ont fait eux aussi la théologie de leur temps. Ils ont embrassé dans la plus vaste et la plus harmonieuse synthèse toute la science, toute la philosophie de cet âge, et toute la foi traditionnelle. Sous la garde de ce monument immortel les croyants ont vécu et y vivent encore. Ceux mêmes qui, aujourd'hui, ne le connaissent point, en saluent, par la pensée, les vieilles splendeurs; on dirait qu'à six siècles de distance, cette œuvre puissante
les protège et que son ombre seule les met à l'abri de toute attaque.
Source : Gallica

Portrait de Henri Didon Henri Didon L'Enseignement supérieur et les Universités catholiques (1876)

Il y a plus, si l'on pénètre dans les académies de la science, dans les écoles de la philosophie, et sous le péristyle du temple des croyants, là encore on retrouve la guerre. De la division partout, del'unité nulle part; de la discorde toujours, de l'harmonie jamais; et comme conséquence fatale, l'impuissance d'abord, les ténèbres ensuite, et bientôt le scepticisme avec ses corruptions, présage certain d'une dissolution prochaine qui sera peut-être violente et cruelle, mais, à coup sûr, sinistre et honteuse.
Qu'on y prenne garde, de l'état des esprits, dans une nation, dérive toute la vie.
Source : Gallica

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